Corneille Molière
Controverse sur l'utilisation d'algorithmes pour déterminer la paternité d'une oeuvre

Pierre Louÿs

Portrait

Pierre-Félix Louis (Pierre Louÿs) naît le 10 décembre 1870 à Gand, de Pierre-Philippe Louis, remarié à Claire-Céline Maldan. A la mort de sa mère, le petit Pierre âgé de 9 ans est confié à son frère aîné, Georges, haut fonctionnaire à Paris. Pierre Louÿs est mort à Paris le 6 Juin 1925.

Position dans la controverse

Pierre Louÿs s’engage à faire un suivi comparé de la vie des deux hommes. Il met l’accent sur le fait que vers 1650, Corneille était spécialiste et maître de toutes les formes de la comédie alors que son contemporain, Molière, ne savait pas encore écrire. En 1658, année clé pour ce débat, les deux hommes se sont retrouvés à Rouen, et c’est en ce moment qu’ont commencé les années de gloire pour Molière et sa troupe comédienne. Pierre Louÿs affirme que « Molière est un chef-d’œuvre de Corneille… Il est évident que Pierre Corneille prime toute la vie de Molière et qu’il travaille sur la plupart de ses pièces ». L’idée de Pierre Louÿs est la suivante : on sait que Molière et Corneille ont publiquement collaboré sur Psyché, une comédie-ballet publiée en 1671. Molière y fit mettre son nom et mentionner la participation de Corneille. Et si les deux auteurs avaient passé un accord secret treize ans plus tôt à Rouen ? Corneille écrit, Molière publie. Au premier, l’argent et la liberté d’expression. Au second, le scandale et le renom. Avant ce pacte, Molière faisait dans la farce ; après, il se lancera brillamment dans la « grande comédie ».

A 49 ans, ce poète, et connaisseur de la poésie du XVII siècle, lit avidement Corneille. Louÿs trouve que le style Corneille est très raffiné, il est si remarquable, à ses yeux, qu’il « n’a pas besoin d’être signé », affirme-t-il. En lisant Amphitryon, il réalise que « Molière imite Corneille à s’y méprendre ». Son raisonnement sur les caractéristiques stylistiques des deux dramaturges lui permet d’attribuer les chefs d’œuvres de Molière à Corneille, dont on compte : L’école des femmes, Les fâcheux, Tartuffe, Dom Juan, La misanthrope, Amphitryon et Les femmes savantes.

Le dossier de Pierre Louÿs, consacré à l’affaire Corneille-Molière, conduit un raisonnement à trois axes. Il émet des questions sur la biographie des deux hommes et les moments historiques qu’ils ont partagés. Louÿs s’intéresse aussi à une analyse stylistique, étant lui-même spécialiste du style Corneille pour la poésie. Ce poète de renom est persuadé que c’est Corneille qui a renoncé aux œuvres au profit de Molière. Ceci est, selon Louÿs, du à trois grandes raisons. Premièrement, le genre de la comédie était, à l’époque, déconsidérée. Deuxièmement, Corneille aurait voulu s’exprimer librement sur ces convictions et sentiments. Et finalement, Corneille aurait voulu garder l’anonymat afin de protéger la glorieuse réputation de son nom.

Œuvres et Publications

En 1919, Pierre Louÿs déclenche la polémique: il attribue les œuvres de Molière à Corneille. Il en parle dans une série de notes, d’articles que publièrent L’intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, Le Temps et Comœdia.